Simon Rousseau

Entretien : Simon Rousseau, auteur de romans policiers

Vous est-il déjà arrivé de terminer un livre et de souhaiter pouvoir lire la suite immédiatement? C’est ce qui m’est arrivé en lisant La bête originelle, de Simon Rousseau.

L’intrigue de ce roman policier se centre sur le lieutenant-détective Marc Vézina, qui recherche un tueur en série sévissant dans la ville de Québec.
Le style de Rousseau se compare à celui de Donato Carrisi, l’écrivain italien derrière Le Chuchoteur.

Dans La bête originelle, les scènes sont réalistes, poignantes et émouvantes. Son héros est un détective qui fait preuve de qualités d’observation et de déduction, un must dans le genre.

Simon Rousseau sait faire durer le suspense et il est TRÈS difficile de déposer ce livre avant de l’avoir terminé. J’ai donc décidé de discuter du processus de création avec l’auteur.


Simon Rousseau, bonjour. La bête originelle est un roman policier. Avant d’écrire ce roman, t’es-tu renseigné sur ce genre littéraire? Si oui, qu’as-tu lu ou étudié pour t’assurer que tu écrivais bel et bien un récit policier?

Je suis fan du genre et j’en ai lu beaucoup! J’ai aussi lu quelques ouvrages sur le métier d’enquêteur, je me suis renseigné auprès de connaissances travaillant dans le milieu… et j’ai étudié en techniques policières au cégep pendant 18 mois avant de changer de domaine.

Je me suis rendu compte que je voulais écrire du policier, pas en devenir un!

Quelle est la place de la planification lors de l’écriture d’un récit policier? En quoi est-ce important?

Elle est énorme. Nécessaire. Je ne sais pas s’il existe un genre de roman dans lequel les détails comptent autant. Chaque fait doit être pris en compte, chaque parole aussi. Impossible pour moi d’écrire un roman policier (un bon roman policier, en tout cas) sans plan.

Dans mon cas, je crée un tableau incluant tous les faits majeurs de l’intrigue, puis je m’amuse à les mettre dans l’ordre qui me plaît. Ensuite, j’écris un résumé de chacun de mes chapitres. Ce n’est qu’après cela que je peux me permettre de commencer la rédaction du roman.

D’après toi, qu’est-ce qui garantit qu’un roman policier soit vraiment intéressant?

Des personnages humains, crédibles, imparfaits. Ils sont à la base du roman. Quelqu’un qui commence à écrire son premier roman policier peut penser que l’intrigue est plus importante que le reste. À mon avis, c’est faux.

Je peux pardonner une intrigue boiteuse si des personnages profonds et attachants la décorent. C’est moins simple avec une intrigue passionnante, mais des personnages lassants dont on se fiche éperdument. On se rappelle plus des Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Kurt Wallander, ou Lisbeth Salander du genre que de leurs enquêtes.
Éviter de tout rendre dépressif, aussi. Non, le métier d’enquêteur ou de policier n’est pas rose, loin de là, mais trop de déprime peut rendre la lecture lourde. Je crois qu’un minimum d’humour est nécessaire à tout bon roman policier.

La bête originelle

La bête originelle, de Simon Rousseau. Paru aux Éditions ADA en 2018.

Quels auteurs de ce genre adores-tu et pourquoi?

Mon préféré de tous est Jean-Christophe Grangé. Je l’ai découvert grâce à son roman Le passager, puis j’ai lu presque tous ses autres titres. J’adore le fait qu’il inclut dans quasiment chacun de ses livres des intrigues se déroulant dans des pays différents, en plus de la France (son pays d’origine).

Ses titres Lontano, La ligne noire ou encore La forêt des mânes en sont d’excellents exemples. On a chaque fois l’impression d’en apprendre davantage sur des cultures/sociétés dont on n’a parfois jamais entendu parler. 

Qu’est-ce qui t’a inspiré à écrire cette histoire? Pourquoi avoir choisi de mettre en scène des victimes amputées de leurs membres, remplacés par des parties animales?

En fait, tout est parti d’une idée de punch. Et je ne peux évidemment pas en parler sans divulgâcher… Mais ce sont les punchs majeurs du récit qui me sont parvenus au départ, puis j’ai bâti autour d’eux. Et dire pourquoi j’ai mis en scène des victimes amputées de leurs membres, remplacés par des parties animales, en révélerait un peu trop aussi! 😉

En lisant un récit policier, le lecteur doit tenter de découvrir l’identité du meurtrier en même temps que l’enquêteur. Comment as-tu fait pour éviter que ton lecteur trouve trop facilement le coupable?

Ouf, c’est difficile de répondre à cela sans divulgâcher… Je crois que la clef est de fournir diverses fausses pistes suffisamment crédibles et intéressantes. On détourne ainsi l’attention du lecteur sans pour autant l’ennuyer!

Que suggérerais-tu à un auteur qui désirerait écrire un premier récit policier? Par quoi devrait-il commencer et que devrait-il respecter avant tout?

En lire, tout simplement. Beaucoup. Regarder des séries policières, aussi. Des séries avec un minimum de réalisme, bien sûr; évitons donc CSI, même si ça peut être divertissant. Puis s’informer sur la réalité des processus d’investigation.

Ton roman met en scène le lieutenant-détective Marc Vézina, un homme obsédé par son travail et marqué par le décès de son ex-femme. Qu’est-ce qui t’a permis de créer ce personnage et pourquoi?

Oh, c’est très personnel… Je me suis inspiré de personnes que je connais et/ou d’événements vécus. Désolé de ne pas pouvoir en dire plus! 😉

Quelles scènes préfères-tu dans ton roman et pourquoi?

Ça révélerait un peu trop de punchs! Mais je peux dire que j’adore chaque passage mettant en scène Marc et sa fille Laurence. J’adore leur complicité.

Est-ce que certains films policiers (ou séries policières) t’ont aidé à écrire ton histoire?

Bien sûr! Il y en a énormément.

J’apprécie particulièrement Ville-Frontière, ainsi que Wallander, série tirée des romans de Henning Mankell. La première saison de True Detective, aussi. Et puis il y a Sherlock, probablement l’une de mes séries préférées, tous genres confondus!

Dans ton roman, à part ton héros, quel est ton personnage préféré et pourquoi?

Laurence. Pour son humour, sa complicité avec son père, son courage. J’ai du plaisir à écrire chaque fois qu’elle fait partie d’une scène.

J’ai adoré lire les différents points de vue des personnages. Pourquoi avoir choisi de donner une voix à d’autres personnes en dehors du héros?

Oh, j’aime faire cela dans à peu près tous mes romans. Je ne sais pas exactement pourquoi. Souvent, cela doit être pour permettre au lecteur d’assister à des scènes qui n’ont pas lieu devant le personnage principal, mais j’imagine que c’est aussi parfois pour changer le ton de la narration. J’ai l’impression que ça amène un certain vent de fraîcheur au récit.

Dans ton livre, on se rend compte que le profil psychologique des suspects est important. Le lecteur découvre toujours comment un meurtrier peut en venir à franchir la ligne qui sépare les êtres humains qui tuent et ceux qui ne tuent pas. T’es-tu basé sur le profil psychologique de certains meurtriers réels pour créer le tien?

Pas du tout! En tout cas, pas dans ce roman-là. J’ai juste essayé de ne pas créer des humains complètement noirs ou blancs. L’origine ou la cause d’un mal est souvent tout aussi importante que le mal lui-même.

As-tu l’intention d’écrire un autre roman mettant en scène le lieutenant-détective Marc Vézina et les autres personnages de son équipe d’enquête?

Peut-être! Mais je ne me forcerai pas à le faire. Si un jour une nouvelle idée d’enquête policière pouvant se prêter à l’environnement de Vézina et de son équipe me vient à l’esprit, alors oui, je m’y mettrai! 😊

Retrouvez l’auteure Kim Messier sur sa page Facebook

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