Portrait de l'auteure Marilou Addison

Marilou Addison : jongler entre humour et horreur

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Notre chroniqueuse Kim Messier s'est entretenue avec l'auteure Marilou Addison suite à la parution de son plus récent roman d'horreur, Post Mortem. Une discussion sur le fragile équilibre entre l'humour et l'horreur.

Le roman raconte l’histoire d’un père alcoolique qui a des problèmes de jeu et qui doit prouver à son ex-femme qu’il peut s’occuper de ses enfants un week-end sur deux. Marilou Addison, pourquoi avoir choisi ce type de personnage ?

Je voulais créer un personnage avec tout un tas de défauts et de problèmes évidents. Mais je voulais aussi qu’on voit qu’il était rempli de ressources. Qu’il était capable de se sortir de sa déchéance grâce à son esprit manipulateur et fraudeur. Bref, de prime abord, j’avais envie d’un contre-héros qui pourtant, au fur et à mesure de notre lecture, devient plus humain, plus émotif. Et je voulais qu’on sente son attachement à ses enfants.

Son adolescent trouve un carnet de photographies post mortem et celui-ci le fascine. Est-ce ton cas ? Pourquoi avoir choisi ce sujet ?

Non ! Jamais je n’ai trouvé d’album photos de ce type. Par contre, je me souviens d’avoir lu un article sur les photos post mortem et d’avoir trouvé ça morbide à souhait. Il fallait que j’écrive une histoire sur le sujet. Sauf que je ne voulais pas ancrer mes personnages dans le passé. Je voulais en faire un récit contemporain.

Dans le roman, il y a des retours en arrière dans lesquels on voit le père quand il avait quatre ans et qu’il se faisait garder par sa grand-mère. Très vite, on comprend que cette femme veut endurcir son petit-fils, et ce, à sa façon. Est-ce que tu peux nous parler d’elle ?

J’étais rendu à peu près à la moitié du roman quand j’ai dû prendre un peu de recul face au personnage de Dominic. Je devais me rendre à l’évidence : il m’était plutôt antipathique. Je ne savais pas comment le changer. Comment faire en sorte que les lecteurs-lectrices l’apprécient un peu plus. Finalement, ça m’est venu comme un flash. Son enfance… Il fallait que j’explique un peu mieux comment il était devenu un tel perdant. Pourquoi il se retrouvait à cette étape de sa vie avec rien entre les mains. Et c’est là que j’ai créé le personnage de sa grand-mère. J’ai eu un plaisir fou à l’imaginer. Le genre de vieille folle qui fait de sérieux dommages dans la vie d’un enfant… J’ai repris le roman et j’ai inséré ces scènes dont tu parles. Avec beaucoup de plaisir !

Tu as déjà écrit un roman d’horreur et de suspense pour adultes, soit Bouche Cousue. Pourquoi avoir décidé d’en écrire un autre ?

En fait, c’est mon troisième roman d’horreur pour adultes. J’ai aussi eu le plaisir d’écrire un des tomes de la série Cobayes. Le plaisir d’écrire ce type de littérature est venu de ce premier roman, je dirais. J’écrivais déjà des romans d’épouvante pour jeunes, mais pour adultes, on peut aller plus loin. Bref, j’adore !

Qu’est-ce que tu aimes dans ce genre de récit en tant qu’auteure ?

Pour être honnête, j’aime me surprendre. Je peux écrire une scène atroce et rire en la lisant. L’horreur me fascine. Je suis une grande consommatrice de livres et de films d’horreur. En écrire est donc doublement satisfaisant pour moi !  

Selon toi, qu’est-ce qui fait un bon roman de suspense ?

La crédibilité du personnage principal. Il faut creuser pour bien le définir, mais toute la force des romans à suspense réside là, selon moi. La psychologie du personnage principal est tellement importante. C’est ce qui doit être décidé en premier. Du moins, c’est ainsi que moi, je procède, lors de l’élaboration de mon roman.

Qu’est-ce qui est le plus difficile à faire avec ce genre ?

Ce n’est sûrement pas le cas pour tous les auteurs, mais en ce qui me concerne, j’ai tendance à utiliser l’humour dans à peu près toutes les situations. Dans mes romans d’horreur, ça se transforme en humour noir. Je dois donc le doser pour ne pas sombrer dans la comédie. C’est un aspect très difficile pour moi. Je veux faire peur, pas faire rire ! J’en ai souvent discuté avec mes éditrices, qui m’ont rassurée (merci à elles !). Ça fait aussi partie de mon style, il faut croire.

As-tu l’intention d’écrire une suite à Post Mortem ?

Pour le moment, non. J’ai un autre projet de roman d’horreur très emballant que j’ai déjà présenté à mes éditrices. Je dois maintenant trouver un trou à mon horaire déjà très chargé pour l’écrire… Mais je ne dis pas non ! En fait, je ne me ferme aucune porte.

Quels sont tes projets actuellement ?

J’écris majoritairement des romans pour enfants et adolescents, donc je dois continuer certaines séries déjà commencées. Mais en ce qui concerne mes prochains romans d’horreur pour adultes, comme je le disais plus tôt, j’ai une idée de collection que j’ai présentée à mes éditrices. Elles semblaient très emballées. Évidemment, je ne peux pas en dire plus pour le moment…

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