Marie Gray, auteure du roman Ce que femme veut

Marie Gray : de l’importance d’être heureuse

Bonjour, Marie Gray! D’où t’est venue ton inspiration pour Ce que femme veut?

Allô! Avec ce qu’on vient de vivre depuis 2 ans, j’avais envie d’écrire et de me plonger dans quelque chose de plus léger, de positif, qui fait du bien et qui nous sort de l’atmosphère lourde qui prévaut depuis 2020. Cette période a aussi apporté beaucoup de remises en question, je m’en rends compte autour de moi : on a envie de revenir à ce qui est important, être heureux, ne plus perdre de temps avec du négatif, du toxique, ni passer à côté de ce que la vie a de beau et de bon à offrir. Ça commence souvent dans notre couple, mais beaucoup dans notre propre peau, aussi. Savoir ce qu’on veut, par contre, ce n’est pas toujours évident. Les femmes qui « témoignent » dans ce roman sauront peut-être en inspirer d’autres, qui sait?

Ton personnage principal, Laurence Cartier-Dubois, a 35 ans et traverse une crise existentielle. Crois-tu que ces crises soient nécessaires dans la vie d’un être humain et pourquoi?

Je pense que les crises sont absolument essentielles. Si on veut évoluer et avancer, du moins. Chaque âge apporte des changements, chaque situation qui change nous force à réévaluer nos besoins, nos désirs, nos envies. Tout bouge, constamment, on le doit nous aussi! La crise récente nous a confrontés à nos valeurs, et celles des personnes qu’on côtoie; ça a eu des impacts importants, parfois même violents. Nos valeurs se transforment, évoluent selon les évènements qu’on vit ou dont on est témoins. Si on ne se questionne jamais, si on n’essaie pas de s’adapter aux réalités qui changent toujours ou si on accepte des choses ou des comportements qui nous heurtent sans réagir, on stagne, on s’enferme dans une routine qui finit par ne plus nous convenir et qui peut même nous étouffer… on a juste une vie, on n’a pas à la vivre en fonction des autres, mais en fonction de nous-mêmes!

Dans le livre, plusieurs femmes se confient sur leurs désirs personnels. On découvre qu’il n’y a pas une personne qui a les mêmes besoins, mais chacune fait une introspection afin de s’écouter. Est-ce que tes propres introspections se retrouvent dans ce roman?

Oui, bien sûr, mais dans le cheminement, pas nécessairement dans les actions ni les conclusions. Nous sommes plusieurs à tenter de nous découvrir réellement, mieux nous connaître et cerner nos besoins. Et comme on est conditionnées à vouloir les mêmes choses, — souvent dictées par une époque, un contexte social, des influences plus ou moins douteuses, une génération ou des modes-il est sain de se demander si c’est réellement bon pour nous, si c’est ce qu’on veut réellement…

Dans l’histoire, la plupart des personnages expliquent à quel point les applications de rencontres n’aident pas beaucoup à rencontrer l’âme sœur. Ce point revient dans plusieurs de tes romans. Pourquoi en avoir parlé de nouveau dans Ce que femme veut?

Parce que c’est LA façon la plus courante, en 2022 et depuis longtemps, de rencontrer quelqu’un et que malgré la croyance populaire, ce n’est pas toujours catastrophique, au contraire! J’y ai moi-même rencontré mon âme sœur et j’ai pu constater, après plus de 9 ans de « recherche » que c’est devenu hyper large comme véhicule. En fait, j’en parle parce que j’y crois malgré les dangers, les dérapages et la « contamination », mais aussi parce qu’il y a des pièges réels qui peuvent en décourager, en blesser et même en traumatiser plusieurs. Ils sont pourtant « contournables », ces pièges…

Permettre à ton personnage principal d’écrire son propre roman érotique à travers les différentes confidences des femmes qu’elle rencontre est très original. Qu’est-ce qui t’a donné le goût de faire ça?

Plusieurs choses. D’abord, démontrer que non, on n’a pas besoin d’avoir « tout vécu » pour l’écrire, aussi pour me permettre d’utiliser différents niveaux de langage. Dans les dialogues, les échanges sont très familiers, ce que j’adore pour donner plus de crédibilité aux personnages et pour que les lecteurs s’y reconnaissent mieux. Dans la narration, le niveau de langage est plus appuyé, et dans les passages où l’auteure écrit, ils sont plus « littéraires »; je trouvais amusant aussi de démontrer certaines difficultés de l’écriture érotique… juste pour le fun!

Dans l’histoire, Laurence rencontre Emmanuelle Lanthier, une conseillère en amour. À ta connaissance, au Québec, existe-t-il une entreprise semblable qui permet aux femmes de trouver ce qui les rend réellement heureuses?

Pas de cette façon, pas que je sache; il y a des agences de « coaching » pour trouver l’âme sœur, mais Emmanuelle intervient surtout auprès de femmes qui sont déjà en couple ou qui n’ont pas nécessairement envie ou besoin de l’être. Des femmes qui veulent d’abord découvrir ce dont elles ont besoin pour s’épanouir elles-mêmes, pas nécessairement en couple ou qui veulent pouvoir exprimer leurs besoins plus clairement. Elle agit à la fois comme psychologue, confidente, sexologue, meilleure amie et grande sœur, tout ça de manière intuitive plutôt qu’académique. Mes excuses à la propriétaire si une telle entreprise existe déjà!

Quel a été ton plus grand défi d’écriture avec ce livre?

Choisir parmi les différents témoignages, pour éviter les redondances et pour que le plus grand nombre de lectrices se sente concernée, puisse s’identifier aux personnages. La plupart des anecdotes sont réelles, les autres ont été inventées, mais je voulais que les désirs et besoins soient le plus variés possible, les femmes aussi dans leur style, leur âge, leurs préoccupations, leur tempérament.

Es-tu déjà en train d’écrire un autre roman?

J’ai plusieurs idées qui mijotent, c’est certain, mais rien qui ne soit encore au stade d’écriture « active ». On verra bien! 😉

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