Jeik Dion, bédéiste québécois, auteur de Chanson noire

Jeik Dion : un homme aux multiples talents

Bonjour, Jeik Dion! Parlez-nous un peu de Chanson noire.

Chanson noire est une bande dessinée écrite et illustrée par moi. C’est la première fois que j’écris un scénario long. C’est une histoire d’horreur cosmique qui se situe au Québec dans les années 70. Ça raconte l’histoire de Jeannine et Daniel, de leurs défis personnels. Ça explore les questionnements existentialistes face au couple.

Pourquoi avoir voulu situer l’histoire au milieu des années 70?

Je suis né en 81. J’avais envie de rendre hommage à mes parents et de visiter leur époque, juste avant ma naissance.

À quel moment exactement avez-vous su que vous vouliez créer votre propre univers dans un roman graphique, avec des textes que vous avez vous-même composés?

J’ai toujours voulu écrire moi-même mes histoires. C’est la vie qui a fait en sorte que j’ai toujours travaillé avec des scénaristes. C’était peut-être par manque de confiance de ma part, mais ça fait des années que je rêve d’écrire.

Votre album fait des clins d’œil aux films d’horreur qui mettent en scène des personnages qui déménagent dans une maison étrange et dans un village avec des gens louches. En dessinant, aviez-vous certains films en tête?

C’est weird parce que, au départ, l’idée était qu’un couple fasse un voyage en campagne et qu’il se retrouve, malgré lui, aux prises avec une secte. Après réflexion, je trouvais que c’était un peu trop près d’une vraie histoire québécoise. Aussi, à cause des couleurs et du côté psychédélique, j’ai voulu changer le scénario pour que ce soit moins proche du film Midsommar (que j’ai adoré). Sinon, je suis ultra inspiré par le cinéma d’horreur en général. En plus, j’aime tout! De The Shining à Evil Dead. J’adore ça!

Qu’est-ce qui vous a inspiré ce récit et ces personnages?

C’est ma blonde qui m’a fait découvrir l’album Heptade, d’Harmonium. Tout le long de ma première écoute, j’avais des flashs, des images, des scènes en tête. Les personnages sont ensuite apparus comme ça, par eux-mêmes. Le défi a été d’avoir du sens avec tous ces morceaux de puzzle.

Avez-vous écrit tout le texte avant de faire les illustrations, ou est-ce que parfois les illustrations influençaient le texte?

Les deux. Ç’a été comme une grosse game de ping-pong!

Au début de votre album, il est écrit que vous avez écouté une trame sonore tout au long de la réalisation. Est-ce que certaines mélodies ou chansons font apparaître des images lorsque vous créez?

Exact. Si tout a commencé avec Heptade, après un moment, je cherchais autre chose à écouter pour me mettre dans l’ambiance de mon histoire. C’est à ce moment-là que Denis Dion (mon père) a sorti son album Im. Il n’avait pas lu mon scénario et n’avait aucune intention d’écrire une musique reliée à la BD. Mais quand j’ai écouté l’album, j’ai été chamboulé. Je l’ai écouté en boucle pendant des semaines. C’est, pour moi, la trame sonore définitive de Chanson noire.

J’ai beaucoup aimé l’humour dans votre album. Était-ce facile, pour vous, d’inclure des moments cocasses dans l’histoire?

Merci! Quand je raconte une histoire, j’essaie d’inclure des émotions que je veux que le lecteur ressente. Si tout est sombre et sérieux tout le temps, c’est un peu ennuyeux, non?

Quelles scènes ont été les plus difficiles à dessiner?

La chicane! Les expressions faciales de Dan et de Jeannine devaient être sévères sans être trop grossières pour ne pas donner un effet cartoon. J’ai dû redessiner leur visage plusieurs fois.

Avez-vous l’intention de créer un autre roman graphique?

Oh que oui! J’en écris un deuxième présentement. Ça va être très différent. Un peu plus comique, un peu plus trash et beaucoup plus personnel. Je vous souhaite de magnifiques cauchemars…

Faites rayonner les Raconteurs d'ici : partagez! 

Laissez un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.