Alain Leclerc

SANG POUR SANG THRILLER — ENTRETIEN AVEC ALAIN LECLERC

L'auteur Alain Leclerc nous explique comment il a réussi à être publié dans un recueil de nouvelles publié en France et nous parle des liens qu'il tisse grâce aux réseaux sociaux.

Al Leclerc, bonjour! Comment en êtes-vous venu à participer à un recueil de nouvelles publié en France?

Mon parcours est particulier. Il s’agit en fait de ma troisième participation à un recueil de nouvelles publié chez nos cousins Français. J’écris depuis toujours, mais — pour abréger — je fais mes classes depuis quelques années sur plusieurs plateformes d’écriture françaises, comme Welovewords, Short-Edition et Fyctia. J’y ai trouvé des concours de toutes sortes pour peaufiner mon écriture et oser partager mes récits avec des lecteurs et des auteurs de différents niveaux et aussi passionnés que moi.

Pourquoi avoir opté pour la France? 

À l’époque (il y a 8 ans), je n’avais pas trouvé d’équivalent au Québec. Je connaissais la revue Alibis (disparue depuis), les concours de nouvelles de Radio-Canada, mais rien qui s’apparente aux concours et à l’interaction presque immédiate entre auteurs et lecteurs. Sur ces plateformes étrangères, on reçoit des commentaires, des critiques et des suggestions qui aident à améliorer nos textes.

Sur Fyctia, deux de mes textes se sont retrouvés en finale. J’ai flirté avec le grand prix, soit une chance d’être publié par Hugo Thriller et Hugo Suspense dans un marché dix fois gros comme le Québec. J’y ai rencontré des auteurs talentueux comme Vincent Hauuy (Le tricycle rouge) et Sébastien Didier (Je ne t’oublie pas)

Vous travaillez donc beaucoup la nouvelle. Vous préférez ce genre au roman?

Ce n’est pas une préférence, mais un passage obligé pour mieux contrôler le récit et « faire mes gammes ». Une nouvelle est une histoire courte et punchée, dans une unité de temps et de lieu et avec peu de personnages. Sur Short-Édition, on retrouve beaucoup d’auteurs de différents horizons qui y publient de très courtes histoires marquantes. Ma nouvelle Le jour où j’ai tué ma mère s’est retrouvée en finale (choix du jury) sur l’un de ces concours très-très-court

Vous écrivez dans plusieurs genres?

Mon genre de prédilection est le thriller sous toutes ses formes, même si j’ai commis quelques nouvelles « instants de vie » par défi et pour m’adapter au thème de certains concours. J’aime surtout écrire et lire des romans immersifs. Le meilleur compliment que l’on peut me faire, c’est quand une lectrice dit  : « J’ai commencé à lire une page et je n’ai pas été capable de m’arrêter sans connaître la fin ».

Les meilleurs thrillers sont ceux qui nous accrochent, nous tirent dans le récit par la forme et le fond. Les plus marquants ont un point de vue, un propos (pas une morale) qui changent notre façon de voir le monde… mais ce n’est pas une nécessité absolue! Je ne boude pas mon plaisir.

J’aime autant les romans de Dennis Lehane que ceux de Stieg Larsson, Harlan Coben, Lisa Gardner, Steve Laflamme, Eric Quesnel ou Patrick Senécal.

Est-ce que les médias sociaux ont joué un rôle important dans votre parcours jusqu’ici?

Absolument! Et à plusieurs niveaux. Je suis membre de groupes d’auteurs et de lecteurs passionnés de thrillers sur plusieurs pages Facebook comme Salon Sang pour Sang Thriller, Mordus de Thriller, Les Lecteurs de romans noirs/horreur/policier, dont certains comptent plus de 35 000 membres! 

C’est là que j’ai découvert des talents québécois autoédités comme Éric Quesnel, ou publiés traditionnellement comme Steve Laflamme, et c’est en participant à des appels à textes sur certains de ces sites que j’ai pu me retrouver dans des recueils de nouvelles en France comme Sang pour Sang Thriller, mais pas que (édition 2021). Et c’est aussi sur les réseaux sociaux que j’ai découvert Allez Raconte!, qui a déjà publié deux de mes nouvelles, soit La valise noire en trois temps et La séance d’hypnose

La pandémie a changé nos habitudes de vie et a permis aux auteurs de connecter avec leurs lecteurs de nouvelles façons. J’ai participé (en tant que spectateur) à beaucoup de séances Live sur Facebook, comme celles d’Andra Petrucianu et celles du groupe ADA, avec Sylvain Johnson, dans lesquelles j’ai découvert tout un monde d’auteurs et de lecteurs québécois de thrillers, d’horreur et de fantastique.

Avez-vous des conseils ou suggestions à offrir aux débutants qui cherchent à être publiés?

J’en suis encore à un stade relativement embryonnaire et je n’ai pas la prétention de prétendre connaître des modes d’emploi vers la publication, mais j’ai appris que pour écrire et être publié il faut… Écrire et partager! Et lire aussi (peu importe le genre)!

On peut participer à des concours (ou pas), mais surtout écrire, réécrire, lire et recommencer! Il faut terminer ce récit qu’on a commencé! Il y a beaucoup d’auteurs débutants qui ne terminent jamais leur roman. Il faut risquer le « shitty first draft » (premier jet merdique, pour paraphraser Harlan Coben) parce qu’on peut par la suite le réécrire et le peaufiner, alors qu’on ne peut pas peaufiner des pages blanches!

Le très doué (et sympathique) auteur Vincent Hauuy a rédigé sur Wattpad un guide pour les auteurs débutants qui recoupe plusieurs conseils très intéressants.

On peut aussi (comme j’ai osé le faire) jaser d’écriture et demander des conseils à des auteurs de talent. Les plus grands sont souvent les plus généreux! Vincent Hauuy, Sébastien Didier, Martin Michaud, Steve Laflamme et Éric Quesnel ont tous des parcours différents, mais ont tous la même passion pour l’écriture et le même respect pour leur lectorat.

Il n’y a pas de parcours idéal, pas de formule parfaite, mais autant de méthodes que d’auteurs. Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse, comme le disait Musset!

Au plaisir de partager avec vous.

Quels sont vos projets?

Parmi les projets en cours, une collaboration à un recueil québécois dirigé par Éric Quesnel, dont le but est de remercier l’administration du groupe Facebook québécois Lecteurs de romans noir/horreur/policier, qui offre une superbe vitrine aux auteurs québécois (publiés et/ou autoédités). 

Une nouvelle inédite, Les pieds dans les plats, a été choisie parmi plusieurs récits pour faire partie du recueil du groupe Thrillers et vous, qui paraîtra sous peu.

Finalement, j’ai récemment participé à un concours de romans sur Fyctia. La réponse a été excellente, les retours plus qu’encourageants. J’ai terminé au 13e rang sur 137 auteurs au total. Je suis satisfait! J’ai écrit 27 chapitres au total et je compte poursuivre l’écriture pour le terminer. 

Et j’ai aussi un roman (un thriller, toujours) en chantier… 


 Sang pour Sang Thriller, mais pas que (édition 2021) – 13 nouvelles, 13 auteurs est disponible sur Amazon en format broché et numérique.

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