Regis-Claude Chaperon

La France : une option d’autoédition pour les auteurs d’ici

Vous rêver de faire voyager vos œuvres hors du Québec? Le marché de l'autoédition en France est une excellente option. Kim Messier s'est entretenue avec l'auteur Régis Chaperon pour discuter du processus.

Bonjour, monsieur Chaperon! Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel? En quoi celui-ci a-t-il influencé votre métier d’auteur?


Je suis consultant en organisation et en maîtrise des risques depuis une dizaine d’années. J’ai eu une première carrière en électronique, puis en tant qu’expert en robustesse environnementale.

Avez-vous toujours rêvé d’écrire? À part Welcome reset, qu’avez-vous écrit d’autre?


Je n’ai pas fait que rêver d’écrire, j’ai écrit! J’écris depuis l’âge de 12 ans. Je devais avoir cet âge quand j’ai été publié dans un journal régional (« Le progrès ») pour un poème sur la faim dans le monde. Écrire est bien plus qu’une passion, c’est un besoin vital. Jusqu’en 2020, mes écrits restaient simplement confidentiels. J’ai juste décidé de me lancer à publier ce que j’écris.
J’ai publié deux autres bouquins de référence, avant de publier mon premier roman, Hexaèdre, illusion d’une fin du monde, qui précède les événements de Welcome reset.

Publiez-vous seulement à compte d’auteur? Si oui, pourquoi?


Pour le moment, je publie uniquement en autoédition, car cela m’apporte la liberté au niveau de mon écriture. La liberté de ma ligne éditoriale, celle de mon rythme d’écriture, celle de créer mes couvertures selon mes envies et celle d’être justement rémunéré en termes de droits d’auteur sans passer par une maison d’édition. Bien sûr, tout n’est pas si simple et après le métier d’auteur succèdent celui de vendeur et d’attaché de presse pour faire connaître ses ouvrages. C’est très difficile, je ne vous le cache pas.

J’ai découvert l’autoédition lorsque j’ai décidé d’écrire mon premier livre. Le sujet était consacré aux dirigeants d’entreprises qui affrontaient la crise du coronavirus et se trouvaient dans un état de sidération. Il fallait donc que je trouve un moyen rapide pour diffuser mon message et ma méthodologie de résilience d’entreprise. Une fois ce premier livre publié, l’écriture du tome 2 (consacré à la résilience individuelle) était naturelle.

Enfin, l’écriture de mes romans a été tout aussi naturelle et je n’ai même pas cherché de maison d’édition. Concernant la supposée place que je me serais taillée sur le marché, c’est très exagéré. Je continue de chercher mon lectorat et c’est un travail titanesque.

Quelle est votre vision du monde du livre en France ?

Le marché français du livre est considérable. Chaque année, on y publie jusqu’à 40 000 livres. La difficulté principale en tant qu’auteur est donc de se faire connaître. Et là, à moins d’être édité par une très grande maison, la difficulté de la promotion d’un livre sera la même pour un auteur autoédité que pour une petite maison d’édition, la différence étant la rémunération de l’auteur. Pour un auteur peu ou pas connu, je ne vois pas l’intérêt de passer par une maison d’édition pour que le travail considérable nécessaire à l’écriture d’un roman soit donné à tous les autres acteurs de la chaîne de production (maison d’édition, imprimeur, distributeurs, libraires, etc.) pour ne laisser qu’une part infime à celui qui est à l’origine du livre : l’auteur. C’est sans parler de la difficulté à être retenu par les maisons d’édition qui reçoivent des dizaines de manuscrits par mois ou par semaine.

Avez-vous déjà fait des erreurs en choisissant l’autoédition?

On fait tous des erreurs au début, c’est comme cela qu’on apprend. Dans mon premier roman, j’ai choisi une police de caractère qui avait été appréciée par mes lecteurs des deux premiers ouvrages. Le format étant différent, il semble que les imprimeurs aient eu des difficultés avec cette police, car j’ai reçu un grand nombre d’exemplaires papier avec des erreurs d’impression (espaces manquants, mots collés, etc.) alors que mon manuscrit était sans erreur. J’ai donc dû tout reprendre avec une police de caractère plus « standard » pour résoudre le problème, mais mes premiers lecteurs ont pu être déçus de la qualité de leur achat sans que j’en sois directement responsable. Pour mon deuxième roman, j’ai donc anticipé et écrit mon manuscrit directement dans la bonne police.

Avez-vous des conseils à donner aux auteurs qui aimeraient emprunter la voie de l’autoédition?

Je suis en pleine écriture de mes deux prochains romans, que j’écris en alternance. J’ai un rythme élevé d’écriture avec en moyenne 1 000 mots par jour pendant plusieurs semaines. Mon conseil est d’écrire ce que vous dicte votre imagination sans chercher à coller aux attentes d’un lectorat. On ne peut pas plaire à tout le monde et même les auteurs célèbres ont leurs critiques. Écrivez parce que vous avez une histoire à raconter et vous trouverez votre lectorat. Si vous aimez écrire, vos lecteurs le sentiront et aimeront vos histoires en retour. Ne forcez pas, laissez faire votre main (ou votre clavier) et aimez vos personnages.

Résumez-nous l’essentiel du roman Welcome reset.

Je me place dans un futur très proche, dans lequel un virus de nouvelle génération échappe à son créateur et provoque un effondrement du système de distribution électrique mondial. S’en suit une gestion de crise de tous les gouvernements du monde pour trouver la parade et rétablir la société moderne. La clé du succès repose sur une intelligence artificielle, qui échoue une première fois, et sur un homme qui a fui le monde moderne. Il faut donc réussir à le convaincre de sauver une société qu’il déteste. Et même s’il est l’un des meilleurs hackers du monde, sera-t-il capable de trouver la faiblesse du virus et rendre l’énergie nécessaire au monde moderne? Pour le savoir, il faudra lire mon roman.

Vous y avez inclus beaucoup d’informations techniques. Êtes-vous un expert en informatique? Avez-vous fait beaucoup de recherches avant de commencer l’écriture?

Je ne suis pas un expert en informatique, mais je suis un expert en maîtrise des risques informatiques. J’ai la chance de travailler depuis quatre ans au sein de la Direction Cybersécurité d’une très grande entreprise française. Les mots « virus », « malware », « attaque cyber » ou « hacker » font partis de mon quotidien.L’idée de base du virus reposant sur une blockchain est venue très vite. Le comportement du virus également. C’est plus pour trouver le moyen de l’arrêter que j’avais besoin d’aide. Créer un monstre est facile. Trouver le moyen de le tuer est beaucoup plus difficile! J’ai donc sollicité mes collègues « hacker éthique » présents dans mon entreprise pendant nos pauses lorsque nous n’étions pas (encore) confinés.

Quels sont vos futurs projets d’écriture?

Je ne manque pas d’inspiration, j’ai cette chance. J’ai donc la trame de mes 8 prochains romans en tête avec des notes et des plans. Je suis actuellement en cours d’écriture de 2 romans. Un premier qui terminera la série « virus » tout en introduisant une trilogie sur la robotique et l’intelligence artificielle que j’écrirais en pointillé et un deuxième « plus court » que j’écris pour m’aérer du premier qui me demande plus de concentration.

J’utilise le deuxième comme une « récréation intellectuelle ». Ce deuxième roman sera lui complètement dédié à la robotique et à une mise en histoire du concept de « robot-poète » que je souhaite développer pour cette trilogie.
Enfin, j’espère commencer cette année ma trilogie sur l’énergie et la connaissance.

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