Andréane Déziel-Hupé

Quand érotisme et horreur se rencontrent : entretien avec Andréane Déziel-Hupé

Est-ce que érotisme et horreur font bon ménage en littérature? Kim Messier a abordé le sujet avec l'auteure Andréane Déziel-Hupé.

Andréane Déziel-Hupé, parlez-nous un peu de vous. Quels romans avez-vous déjà écrits?

Mes deux premiers romans, par bonheur, ont été acceptés aux Éditions AdA. La collection Attacus, qui comprend deux tomes (Attacus Lequel et Attacus Lui), porte sur une romance contemporaine à saveur érotique. Cette histoire d’une femme divorcée en quête de l’âme sœur est parsemée d’aventures, d’un léger suspense, d’humour et, bien sûr, de sensualité.

Quel métier exercez-vous en plus d’être auteure?

Quand je ne suis pas à l’écriture, je suis occupée en tant qu’aide (répit) auprès de personnes qui ont besoin d’un moment de détente des soins réguliers qu’elles prodiguent à un ou une proche. Ayant été aidante naturelle durant plusieurs années, je sais que la possibilité de se divertir pour quelques heures sans avoir à se soucier de la sécurité ou du confort de l’être cher devient un luxe que l’on ne peut pas se permettre sans être rongé par les inquiétudes.

Quel est le projet dont vous êtes le plus fière?

Pratiquer la scolarisation à domicile avec mes enfants est mon plus beau projet. J’ai l’occasion d’observer leur visage s’illuminer lorsqu’ils comprennent soudainement une notion et la joie de les voir s’épanouir tout en explorant les options qui s’offrent à eux, ainsi que ce qui les passionne. Ce sont des moments inestimables à mes yeux et je me sens privilégiée de pouvoir les vivre avec eux.

Dans vos remerciements, vous indiquez que le recueil « Une session en enfer » vous a inspiré la rédaction de votre roman. De quelle manière?

Un des cas (réel) relaté dans ledit recueil concerne une artiste qui a fait appel au service de Lucifuge Rofocale. J’ai bien sûr romancé la situation pour en faire un récit différent qui est à présent devenu un thriller psychologique/horreur.

Parlons de ce Lucifuge Rofocale, justement. Dans le récit, vous parlez d’un être mystérieux représenté par un homme qui peut se transformer en dragon rouge. Ce dragon représente-t-il le diable ou une sorte de génie?

Lucifuge est un démon issu des croyances occultes. Il est premier ministre des Enfers et est chargé des damnés selon l’ordre de Lucifer. En plus de susciter les sept péchés capitaux, il est celui qui distribue les supplices et qui instaure les châtiments pour chacun desdits vices.

Est-ce la première fois que vous écrivez une histoire mélangeant horreur, érotisme et suspense? Qu’est-ce qui vous attire dans ces trois genres?

Oui, mais certainement pas la dernière. J’ai adoré relever ce défi. Je n’avais jamais tenté ce style auparavant et je me suis amusée à aller dans une zone imaginaire qui est tout à fait à l’opposé de mes deux premiers bouquins. Dans le volet épouvante, une des choses qui m’intéresse est d’explorer la nature humaine, qui a la capacité d’accomplir le meilleur comme le pire. J’aime aussi toucher au côté invisible, non tangible de cette catégorie, tel que les entités ou êtres nuisibles contre lesquels on ne peut pas se défendre physiquement.

Pour ce qui est de l’érotisme, je profite de ces passages pour décrire l’état d’esprit et l’état émotionnel des personnages amoureux, qui, la plupart du temps, chercheront, avec l’évolution de leur relation, à se rapprocher de manière plus intime.

En ce qui concerne le suspense, le fait de tenir le lecteur ou la lectrice en attente de ce qui va se produire m’amuse (je sais, ce n’est pas gentil et un peu sadique, mais, s’il vous plait, ne m’en voulez pas…), puis les surprendre avec une fin étonnante me fait grandement plaisir.

Qu’est-ce que vous aimez dans ce genre de personnage fantastique?

Que le personnage puisse être réel ou non. Selon les convictions, sa force réside autant dans le fait que l’on donne crédit à son existence que le contraire. En résumé, c’est un adversaire redoutable.

Croyez-vous que chaque être humain doit un jour choisir entre le bien et le mal, comme le fait Angelle, l’héroïne de PAKT?

Je pense que c’est une décision à laquelle chacun est confronté quotidiennement. À moins grande échelle, heureusement. Par contre, chaque parole que l’on dit ou et chaque geste que l’on pose est un résultat de ce questionnement. J’aime la réflexion qu’apporte le côté contradictoire d’une situation où l’individu commet une action dite méchante ou cruelle au nom du bien. Est-ce que l’aboutissement de cet acte est vraiment bon dans ce cas?

Dans votre roman, il est beaucoup question d’injustices, de bourreaux, de victimes et de vengeance. Ces sujets vous interpellent-ils personnellement? Pourquoi?

Je n’ai jamais aimé l’injustice. C’est quelque chose qui me fait grincer des dents, mais pas de là à agir comme dans le récit. Dans ce roman, je souhaitais créer quelqu’un qui accomplirait les pensées et les paroles que beaucoup de gens peuvent exprimer ou non envers les criminels de la société (qu’ils soient en habit cravate ou pas). J’ai souvent entendu ou lu des phrases du genre : « Ah! Si je l’avais en avant de moi juste pour quelques minutes, j’te dis qu’y passerait un mauvais quart d’heure! » ou « Y mettre la main dessus, j’y ferais subir ce qu’y a fait vivre! Y verrait ce que ça fait! » Alors, dans cette histoire, ce type de propos est exécuté.

Pakt
Le thriller PAKT, publié chez Béliveau Éditeur

En ce qui concerne les passages érotiques dans votre livre, quels sont vos trucs pour que ces passages soient réussis?

Éviter que la description soit mécanique. On aborde un sujet où la sensualité et la passion sont à l’honneur, donc il faut faire rayonner ces aspects. Les sensations ressenties (l’humain a cinq sens et ils sont tous impliqués dans l’action), les émotions, les pensées qui animent les individus doivent être bien dosées et doivent s’enchaîner de manière fluide pour amener le lecteur ou la lectrice sur un nuage avec les personnages.

Pour ce qui est des passages où vous décrivez les tortures que subissent les êtres malfaisants, est-ce que vous avez laissé votre imagination faire le travail ou vous êtes-vous inspirée de faits réels?

Un peu des deux. J’ai laissé libre cours à ma créativité pour inventer certaines méthodes de torture qui me levaient le cœur, tandis que pour d’autres éléments, la recherche a été fructueuse. Je crois que le Chappy Chopper sera un petit engin qui ne laisserait pas les messieurs indifférents.

Pourquoi avoir choisi un narrateur témoin pour raconter votre histoire?

Au départ, j’avais en tête que le récit allait être relaté par Lucifuge et que ce fait serait divulgué à la toute fin en tant qu’une des annales des conquêtes de ce dernier. Voilà pourquoi le narrateur peut sembler sarcastique à certains moments. J’ai changé cette approche en cours de route, car Angelle développait une personnalité trop forte pour uniquement finir comme une quelconque donnée dans les mémoires dudit démon.

Quels sont vos projets futurs?

Je suis actuellement à la rédaction d’un roman policier intitulé « Talis ». C’est un genre de « Whodunit » qui se déroule autour de meurtres assez particuliers. Un des personnages de la collection Attacus s’est échappé de l’histoire pour se retrouver dans ce polar. Comme c’est aussi le cas dans PAKT. J’ai aussi commencé un récit d’horreur qui portera le titre « Mânes ». Celui-ci abordera le côté surnaturel des spectres et des esprits. Enfin, tout cet univers contre lequel on se sent vulnérable et qui peut nous empêcher de dormir.

J’ai une série jeunesse fantastique en quatre tomes qui s’intitulera « G.L.A.D.Y.U.S. », qui amènera un groupe de jeunes dans des aventures hors de ce monde. J’ai partagé les détails de l’odyssée avec quelques préados et la réaction envers le récit est très favorable.

J’ai une autre romance dont le titre sera « Simon » que j’ai bien hâte d’écrire, car elle m’impose un défi que je tiens à relever. J’ai également un récit de vie qui abordera le sujet de l’Alzheimer. Mon père en était atteint et je crois que ce sera une bonne thérapie de pouvoir exprimer les déchirements et l’impuissance vécus face à cette maladie qui prend de l’ampleur d’année en année.


Pour suivre Andréane Déziel-Hupé, vous pouvez aller sur sa page Facebook : www.facebook.com/ADHromancière/

Pour vous procurer le roman PAKT, vous pouvez aller sur la page de BÉLIVEAU Éditeur : www.beliveauediteur.com

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